Communiqué CSFV – Coronavirus (15/04/2020)

L’intervention du président de la République était très attendue ce lundi en cette période si difficile de crise sanitaire. De très nombreux français ont suivi cette intervention espérant des réponses pour l’avenir. La communication de l’Elysée était, comme toujours, bien huilée, enrobant chaque information importante. Et pourtant, les questions essentielles n’ont pas été abordées :

 

Chaque jour, des professionnels de santé alertent sur un manque de masques de protection, dont le gouvernement promet à chaque occasion l’arrivée prochaine. Où sont-ils ? D’après le président, chaque français devrait en avoir un d’ici le 11 mai. Nous attendons donc ces livraisons avec beaucoup d’impatience.

 

Nos hôpitaux attendent davantage de respirateurs artificiels afin d’ouvrir plus de lits en réanimation. Des entreprises françaises s’étaient engagées à en fabriquer très rapidement. Où en est-on ?

 

Les spécialistes de santé et virologues émérites indiquent que les pays touchés par le virus qui ont recours à tests quasi systématiques sur la population ont un taux de mortalité très bas (par exemple en Allemagne, en Corée du Sud…). Pourtant le président a semblé nous dire que ce n’était pas la stratégie choisie pour le moment. Compte-t-il justifier tous ces morts comme des soldats tombés pour la France ? Puisque, d’après lui, nous sommes en guerre.
Nous nous indignons de tels propos et avons une pensée fraternelle pour toutes ces personnes décédées ainsi que pour leur famille et proches à qui nous exprimons nos sincères condoléances.
Depuis plusieurs semaines également, des professionnels de santé alertent sur une probable pénurie de médicaments nécessaire pour aider les personnes atteintes par le virus. Qu’en est-il aujourd’hui ? Sachant que 86% de nos médicaments viennent des États Unis ou de Chine, cela implique-t-il que ces Etats ont un pouvoir de vie et de mort sur nous ? Et si c’est bien le cas pourquoi cela ne choque personne ?

 

Parmi les autorités sanitaires, beaucoup demandent le prolongement du confinement car, à ce jour, la France n’est pas en capacité de protéger sa population. Au rythme où vont les choses, la date de déconfinement semble encore lointaine…

 

La santé n’est pas un domaine d’intervention européen mais relève des États. Nous le regrettons car certains pays pourraient montrer la voie en matière de prévention et de soin à la France. A titre d’exemple, l’Allemagne dispose de deux fois plus de lits en soins intensifs pour 1000 habitants que la France. Nous avons un personnel soignant remarquable mais qui manque cruellement de moyens ce qui est insupportable.

 

Avant d’évoquer un possible déconfinement, il faut répondre à ces questions parce qu’il ne peut être question d’exposer encore plus de salariés.
Les salariés sont dévoués et ils aiment leur entreprise. Nous le voyons tous les jours. Un travail remarquable est réalisé, dans des conditions quelquefois très difficiles, pour maintenir le pays debout. Mais derrière chaque salarié il y a une personne humaine qui mérite respect et considération. Chaque Vie est précieuse et chaque Vie doit être protégée.
Nous avons toutes et tous très envie de retrouver une vie normale et ceci suppose que les conditions de protection soient réunies ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 

Patrick ERTZ,

Président