La Fédération CFTC-CSFV prend la parole au sujet des salaires

📣 “A la Fédération, nous, ce qu’on veut, c’est une fiche de paie dont le salaire permet de vivre et non pas de survivre.”
🔵 Le président de la CFTC-CSFV s’exprime sur les salaires, le pouvoir d’achat, et plus globalement sur tout ce qui permet aux salariés de vivre de façon digne.

 

 

Chers amis, bonjour.

 

Aujourd’hui, je voulais vous parler des salaires, vous savez que c’est le problème prioritaire des salariés de France, c’est les salaires.

En plus, on entre dans une campagne électorale où tous les partis politiques ont leurs bonnes idées sur les salaires.

Nous, à la Fédération, nous n’attendons pas les campagnes électorales pour tenter de faire augmenter les salaires des salariés de nos professions.

 

Le SMIC, parlons en.
Entre ce que disent les responsables politiques et la réalité, il y a un grand décalage. Alors, vous savez que le SMIC, il augmente mécaniquement tous les ans sans que personne n’intervienne. C’est le principe du SMIC.

Et puis, il y a ce qu’on appelle le coup de pouce, c’est à dire si le gouvernement décide de donner un coup de pouce. Ce coup de pouce, il n’y en a plus eu depuis dix ans. Depuis dix ans, alors qu’aujourd’hui, on nous dit les salaires augmentent, nous sommes le gouvernement du pouvoir d’achat, etc, etc… C’est tout simplement faux. Le SMIC n’a pas eu de coup de pouce depuis dix ans. Le dernier coup de pouce, c’était donc il y a très longtemps. Donc ça, ça ne va pas du tout.

 

Par ailleurs, on nous parle, on nous dit le pouvoir d’achat a augmenté par rapport à la prime d’activité. J’invite chacune et chacun à regarder un peu ce que c’est la prime d’activité, elle n’est pas automatique, il faut en faire la demande. C’est un peu contraignant.

A la Fédération, nous, ce qu’on veut, c’est une fiche de paie dont le salaire permet de vivre et non pas de survivre. Ça, c’est aussi une préoccupation majeure de notre fédération et on se bat pour ça depuis des années.

 

Après, il y a ce qu’on appelle les salaires conventionnels, c’est à dire les salaires minimums dans les conventions collectives. Là aussi, le gouvernement tente de donner des leçons, alors que c’est lui même, ce gouvernement, avec les ordonnances Macron, qui permet aux entreprises de ne plus verser par accord les primes prévues dans les conventions collectives.

Alors, évidemment, et vous ne le savez peut être pas, notre fédération, avec d’autres, a saisi le Conseil d’Etat pour dire que si la convention collective décide de mettre toutes les primes dans les salaires minimum, l’entreprise ne peut plus y déroger. Donc ça, c’est une avancée sociale qu’on a obtenue. Mais les ordonnances Macron laissaient donc la possibilité de baisser les salaires en entreprise, ce qui est quand même un comble.

 

Nous avons aussi 20% des salariés de France qui sont à temps partiel (il y a du temps partiel subi et il y a parfois aussi du temps partiel choisi).

Pour les temps partiels en général, la Fédération milite depuis des années pour avoir un contrat de travail écrit, c’est à dire où le salarié, il sait exactement de quelle heure à quelle heure il doit travailler tous les jours, ce qui lui permet, le cas échéant, de postuler ailleurs à un second emploi. Ça coûte d’ailleurs 0€ à l’Etat d’instaurer ça. Aujourd’hui, le contrat de travail à temps partiel donne juste une répartition des horaires sur les différentes journées, mais il n’y a pas d’horaires fixes, donc ça ne permet pas à un salarié de cumuler deux emplois. Et c’est quand même aussi un manque de pouvoir d’achat pour les salariés qui aimeraient travailler plus pour gagner un salaire convenable.

 

Les jeunes, on parle beaucoup des jeunes. Là aussi, notre fédération milite et demande depuis des années un statut de l’apprenti pour que l’apprenti soit mieux payé, qu’il ait aussi un statut. Et l’apprenti n’a pas, ne perçoit pas l’intégralité du SMIC. Ça aussi, si on veut faire quelque chose pour les jeunes, instaurons un statut de l’apprenti et nous le demandons depuis des années.

 

Les évolutions professionnelles, pareil, dans nos entreprises, on nous forme. C’est bien, mais quand on est formé, on ne gagne pas plus, c’est à dire qu’on reste toujours au même salaire. On nous augmente la charge de travail, mais on ne nous augmente pas nos salaires. Donc, là aussi, il pourrait y avoir une dynamique du gouvernement pour que quand on se professionnalise dans l’entreprise, quand on se forme, qu’il y ait une reconnaissance au niveau des salaires.

Nous sommes évidemment très partisans de la formation professionnelle. A la CFTC, nous militons pour que chaque femme et chaque homme puisse grandir dans l’entreprise, grandir par la formation, mais grandir aussi par le salaire. Parce que dès qu’on développe les connaissances, on est une valeur ajoutée pour l’entreprise et on doit gagner davantage.

 

Enfin, il y a les cotisations sociales, c’est à dire ce qui fait la différence entre le salaire brut et le salaire net. Là aussi, nous demandons à ce qu’il y ait une réflexion pour voir si les cotisations sociales, si toutes les cotisations doivent peser sur les salariés et leurs entreprises.

Est ce qu’on ne peut pas élargir l’assiette ? Parce qu’effectivement ces cotisations profitent au plus grand nombre et pas qu’aux cotisants. Donc aujourd’hui, les salariés sont un peu une vache à lait. On a déjà le problème de la journée de solidarité. Vous le savez, ça rapporte plus de 2 milliards par an à l’Etat. Et c’est que les salariés qui cotisent et que les salariés qui offrent de leur temps au titre de la journée de solidarité. Là aussi, assiette plus large, c’est plus d’argent pour l’Etat et donc plus d’argent pour la redistribution.

 

Donc, vous voyez que notre fédération n’attend pas les campagnes électorales. Notre fédération n’attend pas les beaux jours. N’attend pas les promesses. Notre fédération veut des actes. Et nous militons pour des actes. Et nous ferons tout ce qui est dans nos possibilités pour que les salariés soient reconnus à leur juste valeur.

 

Patrick ERTZ, président de la Fédération CFTC-CSFV